Dans un entretien à Ouest-France, le président de l’Association française des médecins urgentistes a mis en garde contre une crise du secteur hospitalier et appelé à la réinsertion des soignants non vaccinés.
Plus de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, les hôpitaux sont toujours en crise. Face à une pénurie croissante de personnel, plusieurs hôpitaux universitaires ont dû fermer des lits à travers la France. A Bordeaux, la pénurie est telle que les urgences de nuit ne reçoivent que les cas graves dirigés par le Samu. “La situation est catastrophique”, a-t-il déclaré dans une interview à Ouest de la France médecin urgentiste Patrick Pelu.
Le président de l’Association des médecins urgentistes de France reproche “aux autorités de l’Etat qui veulent créer une situation de chaos de fermer des structures”.
“Le système a été déstabilisé et le personnel a été un peu abandonné après beaucoup de travail” pendant la crise sanitaire, a expliqué Patrick Pelu au quotidien régional.
“Nous aurons des morts inattendues”
Si la crise perdure et qu’aucune mesure n’est prise, l’été “sera douloureux, du jamais vu”, prévient le médecin. “On va avoir des morts inattendues et non intentionnelles dans les structures”, prévient Patrick Pelu.
“Cela sera renforcé par l’afflux massif de touristes dans les zones maritimes où les hôpitaux ne fonctionnent plus ou uniquement avec des médecins temporaires. En ce moment nous n’avons plus de ministre de la santé, nous sommes entre deux choix et nous savons qu’aucune décision ne sera prise. C’est consternant », a déclaré le président de l’Association française des médecins urgentistes.
Augmenter la rémunération des soignants
Patrick Pelu estime que le Ségur de la Santé “n’a eu aucun effet” et que l’augmentation de salaire instaurée par Olivier Veran a été “insuffisante”. Il a surtout appelé le prochain gouvernement à agir rapidement, notamment la réinsertion des soignants non vaccinés. “Nous sommes en pleine tempête, tout le monde doit venir sur le bateau.
Il a également appelé à un doublement de la rémunération de la sécurité de nuit des médecins, ainsi qu’à une “mise à jour” de la gestion hospitalière.
“Il faut obliger les doyens des facultés à augmenter de 50% le nombre d’étudiants admis en première année de médecine”, demande aussi ceux qui veulent voir le paiement des infirmiers, infirmiers et ambulanciers “lorsqu’ils sont en deuxième année”. ou troisième année d’études.
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