Les victimes de délits pédagogiques dans l’Eglise recevront jusqu’à 60 000 euros d’indemnisation, a appris franceinfo mercredi 1er juin auprès de l’Autorité nationale indépendante de reconnaissance et d’indemnisation (Inirr), qui fixe ce plafond. Invité sur franceinfo ce mercredi, François Devo, ancien président de l’association La Parole Libérée (dissoute en mars 2021), a expliqué qu’il “peut comprendre qu’on ait fixé ces montants”.
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En revanche, il se dit choqué par les barèmes fixés par les autorités nationales : « Un viol coûte cinq points sur dix. Quand on sait qu’un garçon ou une fille qui a été violé(e) a généralement la vie écourtée, cinq points, c’est peu. Ça fait mal et ça me met même en colère. Cinq points sont offensants. » L’Inirr a mis en place un barème d’évaluation pour apprécier la gravité des préjudices subis par les victimes puis déterminer le montant de l’indemnisation financière. Pour cela, il prendra en compte trois critères : la nature des faits subis , les conséquences pour le sacrifice et les échecs de l’Église.
Concernant l’évaluation des conséquences pour les victimes, François Devo rappelle : « J’ai dû justifier de mon intérêt à agir lors de ma procédure pénale. C’est une exposition particulièrement désagréable.” Il est au cœur de la plainte contre l’ancien curé Bernard Preinat. Ce dernier a été condamné à cinq ans de prison pour agressions sexuelles sur de jeunes scouts du diocèse de Lyon.
Enfin, il estime que le troisième critère pour savoir comment l’Église a réagi ou non est “vraiment une blague”. L’ancien président de La Parole Libérée ne voit pas comment l’instance nationale pourra « évaluer la réponse de l’Église », alors que la Commission indépendante sur les violences sexuelles dans l’Église (Ciase) « parle de 200 000 à 300 000 victimes de l’Église » et “l’ancien vice-président du Conseil d’État nous parle de crimes systémiques, un terme qui n’existe même pas dans le Code pénal.”
L’ancien président de La Parole Libérée a également dénoncé le manque de transparence. “Je ne sais pas qui a décidé du fonctionnement de ces organes, qui en détermine l’ampleur, qui va marquer les points que les victimes peuvent faire valoir s’il y a des moyens de protection possibles”, a déclaré François Devo, étonné qu’on se rende dans une église. institution qui a tout fait toute seule, comme elle l’a voulu, et qui a tout fait, en toute non-transparence, avec la création de deux organes, fonctionnant vraisemblablement de la même manière. » Autre commission indépendante, la Commission de reconnaissance et d’indemnisation (CRR) Il a maintenu le même plafond de rémunération que l’Inirr.
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