France

la plaignante a de nouveau condamné “Le Point” et son journaliste pour diffamation

Sand Van Roy, le 19 mai 2019 au Festival de Cannes. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Sand Van Roy, l’actrice qui accuse Luc Besson de viol, a une nouvelle fois condamné Le Point et son journaliste Aziz Zemuri pour diffamation, mardi 28 juin à Paris pour un article d’octobre 2018 sur cette affaire. Etienne Gernel, directeur du Point et M. Zemuri est condamné à payer respectivement une amende de 3 000 EUR et 2 000 EUR, ainsi qu’une indemnité solidaire de 3 000 EUR à Sand Van Roy et 2 000 EUR de frais de justice. Le passage incriminé doit être retiré du site.

Dans cet article, diffusé sur Lepoint.fr, M. Zemouri confirmait notamment que l’actrice belgo-néerlandaise aurait déposé en Belgique “une autre plainte pour viol datant de plusieurs mois contre un inconnu”. Selon cet article, Luke Besson “s’est rappelé” aux enquêteurs, “qu’elle lui en avait parlé. Il a remis en question ces faits de viol car, en ce qui le concernait, ils étaient faux, a-t-il dit.

Ces revendications sont une « pure invention ». “Il n’y a jamais eu de plainte en Belgique contre un inconnu”, ce qui a été confirmé par les enquêteurs et le parquet de Bruges, selon Antoine Gitton, l’un des avocats de Sand Van Roy.

Pour la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, l’article du Point “discrédite la procédure engagée par [Sand Van Roy] et laissons croire qu’aucun élément tangible ne viendrait étayer les accusations portées contre Luke Besson. » L’actrice a en effet accusé le réalisateur de viols et d’agressions sexuelles en mai 2018. Il a profité du non-lieu en appel en mai dernier. Le demandeur a fait appel. Elle a également porté plainte pour viol en Belgique contre le réalisateur.

“Victime de manipulation”

La Cour estime qu’à certains moments le journaliste “semble prendre parti” pour Luke Besson sous la forme de “promouvoir [sa] Dans le passage précité, il “laissait entendre” que Sand Van Roy “déposait des allégations de viol sans aucun fondement”, ce qui est diffamatoire. La bonne foi de Point et Aziz Zemuri n’a pas été préservée. Ils ont présenté à l’audience “un cliché pris à moitié une fiche », présentée comme un « extrait de l’audition de Luc Besson » à la police.

Cette “capture d’écran, compte tenu de sa présentation, n’a aucune valeur probante, rien ne permet de confirmer qu’elle n’a pas été manipulée”, a précisé le tribunal. En juin 2021, Le Point et M. Zemuri avaient déjà été condamnés pour diffamation à la suite d’un article qualifiant l’actrice d’ancienne “call girl”. La peine a été confirmée en appel en avril.

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Dans une deuxième affaire dans laquelle ils ont également été jugés pour diffamation par Mme Van Roy, M.M. Gernel et Zemuri, en revanche, ont été libérés. Cette fois, un article de décembre 2018 a été réalisé, ce qui a provoqué sa confrontation avec le réalisateur. Si les propos “visent apparemment à dénigrer Sand Van Roy”, ils ne sont pas diffamatoires, selon le tribunal.

Par ailleurs, le 23 juin, Le Point a dû retirer de son site internet un article écrit par M. Zemuri, accusant illégalement le duo de députés LFI Raquel Garrido et Alexis Corbier d’exploiter un employé sans papiers. Le journaliste, qui s’est dit “victime de manipulation” et “s’est excusé”, a été licencié et convoqué pour un entretien avant d’être licencié.

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Le monde avec l’AFP