Publié le : 02/07/2022 – 19:03
L’Organisation ouest-africaine a reporté au 3 juillet les décisions relatives à la levée ou à la prise de sanctions contre le Mali, la Guinée et le Burkina Faso. Les trois pays ont redoublé d’efforts ces dernières semaines pour démontrer leur bonne volonté.
Par notre envoyé spécial à Accra
Pour la Guinée, le Burkina Faso et le Mali, le sommet de la CEDEAO qui débute ce dimanche à Accra est crucial. Les deux premières villes sont en effet sous la menace d’éventuelles sanctions économiques, avec la transition de trois ans qu’elles proposent avant le retour à l’ordre constitutionnel jugé trop long par les chefs d’Etat de la sous-région.
Pour le Mali, c’est exactement le contraire. Bamako espère que les sanctions économiques et financières qui la frappent depuis le 9 janvier seront enfin levées. Les déceptions des sommets précédents incitent à la prudence, mais que ce soit du côté des sources diplomatiques ouest-africaines ou du côté des dirigeants maliens, l’optimisme prévaut avant la rencontre.
Possible compromis
Il faut dire que les autorités de transition du Mali ont redoublé d’efforts pour démontrer leur volonté de ne pas rester éternellement au pouvoir. En début de semaine, ils ont notamment annoncé le calendrier des futures élections municipales, régionales (juin 2023), législatives (octobre 2023) et surtout présidentielles (février 2024), qui marqueront la fin de la période de transition jusqu’en mars 2024.
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Il s’agit d’une période plus longue que les exigences initiales de la CEDEAO – par opposition à l’extension de la transition au-delà de 16 mois – mais peut être suffisante pour forcer un compromis. D’autant plus que Bamako a aussi mis en place une commission chargée de rédiger la nouvelle constitution, entamé un dialogue avec la classe politique qui le réclame depuis longtemps, et également adopté une nouvelle loi électorale.
Or, selon les experts électoraux maliens, cette loi pourrait permettre la candidature de l’actuel président par intérim, le colonel Assimi Goita. Aussi, dans ce volet interne, Bamako et la CEDEAO ont discuté notamment du mécanisme de suivi à mettre en place pour la fin de la période de transition.
Dernier enjeu majeur : le degré d’allègement des sanctions, qui, s’il est introduit, ne peut être complet mais progressif, en fonction de la spécificité des engagements du Mali.
La situation en Guinée est plus tendue
La situation est plus tendue pour la Guinée. Les autorités de transition ont enfin entamé un dialogue avec la classe politique, mais les principales formations ne le jugent pas fiable. Les poursuites judiciaires à l’encontre d’anciens responsables du régime d’Alfa Condé, l’interdiction des manifestations et surtout le délai annoncé de trois ans avant l’organisation des élections continuent d’inquiéter les chefs d’État de la sous-région, qui ont déjà menacé d’imposer des sanctions économiques sur le pays, en plus des sanctions ciblées déjà imposées aux dirigeants de la transition militaire.
Quant au Burkina, si la CEDEAO reste préoccupée par la dégradation de la sécurité sur le territoire et continue de rejeter les trois ans exigés par les nouvelles autorités avant d’organiser des élections, le dialogue est jugé satisfaisant et risque de provoquer davantage de concessions de la part de l’Organisation ouest-africaine.
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