Un contact étroit entre les phoques communs et les colonies d’eiders favoriserait l’infection du mammifère déjà en période de reproduction.
« À l’embouchure du Saint-Laurent, les lieux de naissance des phoques communs. Le Bic, Métis, par exemple White Island, sont aussi des endroits qui sont fréquentés par des jaugeurs infectés », a déclaré le porte-parole de Pêches et Océans Canada, Jean-François Gosselin.
Pour l’instant, les phoques du golfe du Saint-Laurent ne sont pas touchés. La transmission d’un individu à un autre est assez incertaine. Mais ce scénario est une possibilité tangible dans un avenir proche.
« Qu’il n’y a pas nécessairement de preuves maintenant, à moins que vous ne parliez à Stephan Lear. Il lui semble, peut-être avec les chiffres qu’on voit, que ce pourrait être juste un contact direct avec les oiseaux, mais il n’est pas impossible qu’il y ait transmission entre mammifères, par exemple entre phoques », a déclaré le porte-parole de Pêches et Océans Canada.
Cependant, la grippe aviaire n’attaque généralement pas les phoques, bien qu’elle l’ait fait par le passé ici et en Europe.
« Il y a eu plusieurs cas de mortalité qui ont été signalés au cours des quarante dernières années en Europe et dans le nord-est des États-Unis. Ensuite, il y a des travaux qui ont été effectués sur la grippe et d’autres espèces de phoques qui ont montré soit des infections virales aviaires chez les phoques, soit la présence d’anticorps chez les phoques. Cela montre qu’ils ont été exposés à la grippe”, explique M. Gosselin.
Pour l’instant, le H5N1 ne s’attaque qu’aux oiseaux et aux phoques, mais la possibilité de le voir se propager à d’autres espèces marines n’est pas exclue. Les experts restent là encore prudents, mais n’écartent pas cette hypothèse.
“Pour le moment, je n’ai pas entendu parler d’un massacre ou quoi que ce soit du genre de celui de l’espèce, mais ce n’est pas totalement impossible”, explique Emilien Pelletier, professeur émérite de biologie marine à l’ISMER de Rimouski.
Le virus H5N1 actuel n’est pas seulement au Québec, toute l’Europe est touchée par cette souche du pathogène. Dans la revue française Science Avenir, la Société royale pour la protection des oiseaux a qualifié le virus de pire épidémie de grippe aviaire jamais enregistrée. Tout porte à croire qu’avec la période de migration, les oiseaux peuvent infecter leurs proches dans la partie sud du continent.
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