Annonçant une refonte de son offre d’affranchissement, l’entreprise a également précisé que la lettre verte serait distribuée sur trois jours au lieu de deux.
Le rideau tombe sur le fameux sceau rouge. Ce jeudi, La Poste a indiqué dans un communiqué faire évoluer le périmètre de son courrier à partir du 1er janvier pour mieux répondre aux attentes de ses clients et pour “protéger plus efficacement l’environnement”. Cette annonce intervient également dans un contexte de baisse continue du courrier : les ménages n’envoient plus que cinq lettres prioritaires par an, contre neuf fois plus en 2010.
Concrètement, quatre gammes seront proposées début 2023. Le premier consiste en un “email rouge” pour les besoins urgents. Celui-ci sera envoyé depuis le site laposte.fr avant 20h00 la veille : il sera imprimé par La Poste « au plus près du destinataire, dans le respect de la confidentialité du contenu », puis distribué le lendemain. L’utilisateur pourra consulter son historique de courrier et utiliser des « modèles de lettres pour effectuer ses démarches administratives » sur le site. L’un de ces e-mails pourra également être envoyé par la poste, par machine, ou avec l’aide d’un collaborateur. Ces lettres coûteront un peu plus cher qu’aujourd’hui – 1,49 € contre 1,43 € actuellement.
Dans le même temps, la lettre verte, qui sera répartie sur trois jours au lieu de deux, reste inchangée. Son prix ne change pas non plus – 1,16 euros. De plus, “les clients peuvent choisir d’ajouter, dès aujourd’hui, une option de suivi d’allocation au coût de 50 centimes pour avoir la confirmation de l’allocation de pli”, a précisé la société.
La Poste crée également une lettre « service plus turquoise » pour les envois nécessitant une traçabilité, comme les chèques ou les petits objets. Étalé sur deux jours, il est connecté et intègre « des services comme la réception d’avis de suivi, le retrait du courrier dans sa boîte aux lettres personnelle par le facteur et une indemnisation ponctuelle en cas de retard de livraison. excessif’. Plus cher, il coûtera au moins 2,95 euros, et le prix pourra augmenter en fonction du poids de l’envoi.
Enfin, la lettre recommandée destinée aux envois les plus importants reste valable. Il sera tout de même distribué dans trois jours et verra également son prix grimper à 4,83 € contre 4,55 € actuellement. Les professionnels sous contrat avec La Poste pourront bénéficier de “tarifs adaptés plus économiques […] selon la méthode d’expédition et les volumes ». La Poste précise également que les tarifs Colissimo ne changeront pas, fixés à 4,95 €.
Impact “presque nul” sur les portefeuilles des ménages
Avec ces changements, le groupe espère avant tout protéger l’environnement en économisant environ “60 000 tonnes de CO2 par an”, soit réduire les émissions d’un quart. La situation actuelle était vraiment intenable : « Pour acheminer quotidiennement les lettres prioritaires, La Poste traverse la France avec une centaine de camionnettes très peu remplies, comme la liaison Dijon-Rennes, avec un véhicule qui parcourt 600 km chaque nuit pour seulement 500 lettres » .
De plus, le groupe pourra faire des économies sur une offre qui devenait de plus en plus obsolète. “Chaque foyer dépense en moyenne 37 € par an en frais de port, de courrier et de colis”, décrit-il, contre 45 € six ans plus tôt. L’entreprise estime que ces changements n’auront pas d’impact sur le budget des ménages, avec “peu ou presque pas d’impact compte tenu de la baisse de la consommation de courrier”.
La suppression du sceau rouge sous sa forme actuelle est évoquée depuis plusieurs mois : en février 2021, le patron du groupe, Philip Wall, s’interrogeait sur l’utilité de ce produit “alors que nous avons tout ce dont nous avons besoin comme moyen de communication d’urgence”. La crise sanitaire a accéléré le déclin de La Poste, obligeant La Poste à adopter ces changements majeurs. Les nostalgiques du timbre rouge pourront toujours le conserver précieusement dans un carnet de philatéliste…
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