France

A Paris, un homme déjà blessé accuse un policier de l’avoir frappé, l’IGPN ouvre une enquête

La plaignante a la mâchoire cassée, rapporte Mediapart. Le parquet de Paris a annoncé lundi 26 juillet avoir ouvert une enquête le 16 juillet à la suite d’une plainte d’un jeune homme qui accusait un policier de l’avoir frappé sans raison malgré ses blessures apparentes, confirmant ainsi l’information de nos confrères.

L’enquête a été ouverte pour violences avec arme par personne relevant de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité de travail (ITT) de moins de huit jours, a précisé le parquet.

Les enquêtes sont confiées à l’Inspection générale de la police nationale (GIPN). La préfecture de police a également indiqué avoir ouvert une enquête administrative concernant cet agent.

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ITT de sept jours

Les faits racontés par le jeune homme de 24 ans à Mediapart se sont déroulés dans la soirée du 13 juillet dans le 19e arrondissement de Paris.

Portant une minerve et le bras gauche en écharpe après un accident de voiture survenu quelques semaines plus tôt, le plaignant, que Mediapart appelle Sofiane pour protéger son identité, raconte avoir rejoint un groupe d’amis en bas du domicile de sa mère dans la soirée.

L’ambiance est festive à la veille de la fête nationale, et les jeunes jettent des essayages dans la rue. Sans raison, selon le jeune homme, des policiers ciblent le groupe “au flash ball” et l’un d’eux lance une grenade lacrymogène. Sommés de ne pas bouger, Sofiane et ses amis restent sur un banc.

Mais quelques minutes plus tard, une autre force de police a attaqué le petit groupe. Alors que Sofian criait aux policiers d’arrêter parce qu’il était blessé, un fonctionnaire l’a insulté et l’a frappé avec la matraque au visage et à l’épaule blessée, a déclaré le jeune homme.

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Amené aux urgences par des proches, il souffrait notamment d’une mâchoire cassée et d’une lèvre fendue, ont ajouté les médias en ligne.

Le jeune homme, qui regrette que lui et ses amis aient été « matraqués gratuitement », a auditionné le 18 juillet. “Mon client a un casier judiciaire impeccable, son casier judiciaire est vierge et il est inconnu des services de police”, a déclaré son avocat Me Avi Beaton. “Les témoins des faits, dont certains ont été entendus par l’IGPN, ont témoigné que Sofiane n’avait eu aucune parole ou geste de provocation envers le policier”, ajoute Me Bitton, qui s’est étonné de “la lenteur avec laquelle l’IGPN a voulu avoir Sofiane examiné.”

Appelé au service médico-légal dans un premier temps le 3 août, trois semaines après les faits, le jeune homme a finalement été examiné le samedi 23 juillet. Il a été condamné à 7 jours de prison, a annoncé son avocat.

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Le monde avec l’AFP