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Hausse des taux d’intérêt | Des logements encore plus inabordables

Le revenu brut annuel nécessaire pour devenir propriétaire a augmenté de près de 16 000 $ en quatre mois

Posté à 6h00

André Dubuque La Presse

Depuis mars, il est devenu beaucoup plus cher d’obtenir un prêt pour acheter une maison, rendant l’accession à la propriété encore plus inabordable.

À Montréal, le revenu brut annuel requis pour acquérir une propriété vendue au prix médian a augmenté de 15 830 $ en quatre mois. Avec les récentes hausses de taux, vous devriez maintenant pouvoir compter sur un revenu annuel brut de 110 900 $, affirme un article du courtier hypothécaire virtuel Ratehub.ca.

En mars, un revenu médian de 95 070 $ était suffisant pour s’offrir la même maison standard.

Les calculs de Ratehub.ca sont basés sur la capacité d’emprunt maximale des ménages. Il tient également compte des effets des variations des taux hypothécaires et des prix de l’immobilier.

Le prix moyen d’une propriété dans la région de Montréal était de 546 800 $ en juin, un prix relativement stable par rapport à celui en vigueur au mois de mars précédent.

La différence de revenu requis entre mars et juillet s’explique principalement par le test de résistance que les emprunteurs doivent réussir pour se qualifier pour un prêt hypothécaire.

Ce test est calculé selon le plus élevé des deux taux suivants : soit l’intérêt contractuel du prêt majoré de 2 points de pourcentage, soit 5,25 %. Jusqu’en mars 2022, le test était basé sur un taux de 5,25 %. Maintenant, cela se fait souvent à un taux supérieur à 7 %.

Joint par téléphone, un porte-parole de Ratehub.ca a déclaré que le pouvoir d’achat des acheteurs potentiels s’érode.

Depuis mars, le pouvoir d’achat des ménages qui atteignent leur capacité d’emprunt maximale a baissé de 5 à 10%. Par exemple, ceux qui pouvaient se permettre une hypothèque de 600 000 $ en février doivent se contenter d’une hypothèque de 540 000 $ cet été.

Philippe Simard, directeur hypothécaire Québec chez Ratehub.ca

« Les prix des logements devront baisser de manière significative pour compenser les effets de la hausse des taux hypothécaires sur le test de résistance. Si ce n’est pas le cas, l’abordabilité du logement continuera d’être considérablement affectée par l’environnement actuel de hausse des taux », a déclaré M. Simard dans le communiqué de presse faisant état des calculs ci-dessus.

Hausse globale des taux

Depuis mars, le taux fixe de 5 ans pour un prêt assuré, qui est basé sur les taux des obligations du gouvernement du Canada, est passé de 2,99 % à 5,14 % dans la plupart des grandes banques canadiennes, selon Philippe Simard. Les prêts hypothécaires à taux fixe ont augmenté en moyenne de 66 % entre mars et juin 2022 seulement, a déclaré Ratehub.ca dans son article. De nos jours, certains prêteurs virtuels proposent 4,39 % pour un taux fixe de 5 ans. Vous devriez voir les termes.

De son côté, le taux variable des prêts garantis, qui est basé sur le taux préférentiel, est passé de 1,40 % à 4,20 % chez les prêteurs conventionnels, toujours selon M. Simard.

Le taux d’intérêt directeur de la Banque du Canada, qui affecte directement le taux préférentiel des institutions financières, a débuté l’année à 0,25 %. Il est passé à 0,50 % en mars, puis à 1,0 % en avril, puis à 1,50 % en juin et à 2,50 % le 13 juillet.

La semaine dernière, un économiste de BMO a déclaré que la hausse de 100 points de base de la Banque du Canada en juillet était l’équivalent d’un coup à la tête pour les emprunteurs.

Certains réclament une réforme. Par exemple, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) souhaite, au moins à partir d’août 2021, un assouplissement du test de résistance pour faciliter l’accès à la propriété.