France

Les députés approuvent la deuxième série de mesures

Le test au forceps est un succès pour le gouvernement Bourne. Après quatre jours de débats intenses et souvent houleux, l’Assemblée nationale a voté le deuxième volet des mesures de soutien au pouvoir d’achat dans la nuit de mardi à mercredi, avant qu’il ne soit examiné au Sénat. Les députés ont voté en première lecture ce projet de budget rectifié pour 2022 avec 293 voix “contre”, 146 “contre” et 17 “abstentions”. Les républicains, à qui l’exécutif a maintes fois donné satisfaction, ont soutenu le texte.

Les députés de l’Assemblée nationale, en revanche, n’ont pas participé au vote : ils ont quitté la demi-roue pour protester contre la manière dont l’Assemblée a annulé la hausse des retraites de 500 millions d’euros supplémentaires pour les retraites Retraite votée quelques heures plus tôt. Le gouvernement a demandé un second débat pour faire annuler une mesure qu’il combat, déclenchant un débat houleux avec des échanges houleux entre le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le Nupes et le RN. Après de longs débats, ce premier tour est enfin terminé : les députés ont joué les prolongations pendant plus de deux jours, et l’opposition a défendu pas à pas ses amendements dans tous les sens.

Renationalisation d’EDF

Tôt vendredi matin, l’Assemblée avait déjà voté le premier volet, le projet de loi “d’urgence” de 20 milliards d’euros pour soutenir le pouvoir d’achat face à une inflation galopante. Le projet de budget rectificatif ouvre 44 milliards d’euros de crédits, dont 9,7 rien que pour financer la renationalisation à 100 % d’EDF.

Poursuite du bouclier tarifaire de l’énergie et de la ristourne carburant de 30 centimes le litre en septembre-octobre puis 10 en novembre-décembre, une revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires ou encore la suppression de la redevance audiovisuelle étaient également au menu.

La proposition d’une taxe sur les “excédents de bénéfices” des grands groupes, faite par la gauche, le RN et mezzo voce par la droite et une partie de la majorité, a été rejetée de peu de poids.

La droite est heureuse

Le patron des députés LR Olivier Marlaix s’est dit satisfait du “bras de fer positif avec le gouvernement” qui avait permis d’obtenir une série de mesures sur les carburants, l’achat de RTT aux entreprises ou encore la défiscalisation des heures supplémentaires.

A l’inverse, la gauche n’a pas voulu soutenir un texte “co-construit avec la droite” et dont “l’égalité et la justice sociale sont les principaux absents”, selon le porte-parole des députés PS Arthur Delaporte. Le groupe LFI envisage de faire appel de la suppression de la redevance auprès du Conseil constitutionnel.

Côté RN, les élus ont regretté le rejet de leurs propositions de baisse de la TVA et plus généralement de la politique économique et fiscale de l’exécutif. Bruno Le Maire a également confirmé que “d’ici fin 2023 nous mettrons fin aux tarifs réglementés (de gaz) pour nous conformer aux règles européennes”.

Mardi soir, par exemple, l’Assemblée a condamné, contre l’avis du gouvernement, l’extraterritorialité américaine, qui oblige les citoyens français nés aux États-Unis à y payer des impôts, en approuvant, contre l’avis du gouvernement, un amendement LR essentiellement symbolique.

La veille, ils avaient déjà approuvé 230 millions d’euros pour le chauffage des logements au fioul contre le conseil exécutif, qui s’était prononcé en faveur de 50 millions d’euros d’aides. Bruno Le Maire a également assuré qu’il “annulerait la promesse au Sénat” sur cette mesure.