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qu’est-ce qui change exactement depuis ce lundi

Après plus de deux ans de pandémie, l’état d’urgence sanitaire, cadre juridique extraordinaire édicté face à la crise, prend fin le 1er août. Nous vous expliquons ce qui change exactement et le maintien de certaines dispositions.

Fini les applaudissements sur l’urgence sanitaire plus de deux ans après le début de la crise sanitaire et alors que la 7e vague est en recul. Le dispositif a été lancé le 23 mars 2020 dans le cadre de la loi d’urgence mise en place pour une réponse très rapide à la crise du Covid-19.

Si sa levée a peu de conséquences concrètes, puisque les principales restrictions ont déjà été levées, elle a une grande portée symbolique, intégrant la gestion de la pandémie dans le droit commun. Autrement dit, l’exécutif applique une gestion de long terme, ce qui est loin d’être un phénomène exceptionnel.

Fin des mesures de restriction des libertés

A partir du 1er août 2022, le gouvernement ne pourra plus imposer “des mesures restreignant la liberté d’entrée et de sortie, la liberté de faire des affaires et la liberté de réunion” jusqu’alors autorisées par l’état d’urgence sanitaire.

Il est donc impossible d’instaurer un nouveau couvre-feu ou une nouvelle détention sans devoir à nouveau modifier la loi devant le Parlement.

Les mesures « d’exigence de tous les biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire » et de « contrôle des prix », ainsi que le laissez-passer sanitaire ou le laissez-passer de vaccination, ne peuvent plus s’appliquer.

Si depuis quelques mois le masque n’est plus obligatoire dans les lieux publics, il disparaît officiellement des établissements sanitaires et médico-sociaux. Cependant, il est tout de même fortement recommandé de le porter en intérieur, dans les transports en commun et en présence de personnes fragiles.

Un possible test des limites sur une nouvelle variante

Dans les hôpitaux, les directeurs d’établissement peuvent également choisir de maintenir l’obligation de port du masque comme souligné Le monde. Au sein de l’AP-HP, il reste obligatoire.

Le ministre de la Santé peut imposer son retour dans l’espace public également par arrêté “en cas de menace grave pour la santé nécessitant des mesures d’urgence, notamment en cas d’épidémie”, selon le code de la santé publique.

Le nouveau texte de loi sur le Covid-19, voté difficilement à l’Assemblée nationale et finalement adopté le 26 juillet, rend possible le dépistage obligatoire pour les personnes de plus de 12 ans pour entrer en France depuis l’étranger en cas de nouvelle variante dangereuse.

Un test peut également être exigé entre la France métropolitaine et la Corse ou l’étranger en cas de saturation hospitalière. “Les exécutifs locaux et les parlementaires élus dans la collectivité respective doivent être consultés”, précise encore le texte.

Pas de réinsertion des soignants non vaccinés

Ces dispositions devront être prises après avis du comité de surveillance et de prévision des risques sanitaires, qui se substitue désormais au conseil scientifique. Elles peuvent être mises en vigueur par décret pour une durée maximale de deux mois. Passé ce délai, ils seront soumis au vote du parlement.

Deux outils de surveillance de l’épidémie ont également été prolongés : le système national d’information sur le dépistage (SI-DEP), qui centralise tous les résultats des tests, et Contact Covid, qui surveille et accompagne les personnes infectées et leurs cas contacts, est prolongé jusqu’au 31 mars 2023.

La réinsertion des soignants non vaccinés n’est pas présente dans cette nouvelle loi, tout en ouvrant la porte à leur éventuelle réinsertion lorsque la situation sanitaire ne justifiera plus leur obligation de vacciner.